François OUDOT

Dans l'article qu'il consacre à Vielverge dans son tome III de l'Histoire du Duché de Bourgogne, COURTÉPÉE fait, en trois lignes, référence à François OUDOT.

"François OUDOT, prétendu saint et médecin, fit beaucoup de bruit en 1758, et finit par être enfermé comme imbécile à l'Hôpital de Dijon et vint mourir oublié dans sa patrie".

De son côté, REY, prêtre curé de Perrigny sur l'Ognon, in fine du Registre Paroissial consacré à l'année 1760 écrit :
"Dans les mois de juillet et d'août, quarante mille âmes au moins sont venues à Vielverge, autrement dit les Grandes Varennes, à l'occasion d'un nommé François OUDOT qui d'abord prétendit avoir la fleur de lis comme nos roys et pensait avoir le pouvoir de guérir toutes sortes de maladies ; ensuite il contrefit le saint, l'homme inspiré de Dieu, il faisait mille extravagances, il bénissait le pain, le vin, il faisait l'eau bénite, il donnait des bénédictions, toutes sortes de personnes ont donné dans le fanatisme, tous ceux qui s'en retournaient prétendaient déjà ressentir du soulagement tandis qu'il n'en était rien, se disaient avoir confiance qu'ils seraient guéris quand la neuvaine qu'il leur ordonnait serait finie, on voyait continuellement de jour et de nuit passer des équipages de voitures qui étaient chargées de paralytiques, de boiteux, de borgnes, d'aveugles, on publiait partout qu'il opérait des miracles mais les gens de probité et de bonne foy n'en ont vu aucun ; les pauvres vagabonds ont beaucoup contribué à divulguer ces prétendus miracles, le prétendu saint avait choisi quatre espèces de disciples gens de peu de probité et tout le stratagème n'a fini que par l'emprisonnement des disciples et par la mort violente d'une prétendue possédée de laquelle il voulait chasser le diable en luy mettant un bâton à croche(t) dans le gosier, laquelle expira entre ses mains le 23 août, et par l'emprisonnement".

Cette affaire fit grand bruit, suffisamment pour qu'en 1887 un professeur de l'Université de droit de Dijon, Jean-Baptiste MICAULT, lui consacre un article dans le Recueil de l'Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Dijon, article repris par le Mercure Dijonnais de l'époque.

Si nous en tenons aux documents, François OUDOT est né à Vielverge le 7 février 1723 de François OUDOT, laboureur, et Claudine MEURET et eut pour parrain et marraine François PONSOT et Cantine THEVENARD.
Il se maria le 5 février 1742, soit à 19 ans, avec Françoise VION, née le 16 novembre 1708, âgée de 33 ans, fille de François VION et de Jeanne MOURLOT.
Le couple eut deux filles, dont une seule viable ;
Claudine, née le 28 février 1743 et décédée le 7 octobre 1743
Françoise; née le 26 janvier 1749, mariée le 17 janvier 1764 et décédée le 7 octobre 1804.

François OUDOT est décédé le 15 et fut enterré le 16 juin 1743, âgé de 40 ans. Sa femme, Françoise VION est décédée le 29 mars 1781, âgée de 72 ans.

Certain auteur a prétendu, par ouï-dire, que François OUDOT avait été conduit de Dijon à Paris, à l'Hôpital des Fous. On a prétendu aussi qu'il serait mort dans la prairie de Lamarche, en revenant de Dijon, après sa libération. En fait, son acte de décès signé GRILLOT, vicaire, stipule qu'il est décédé "muni des sacrements de l'Église". Il semble bien, ceci étant, qu'il soit mort tout à fait normalement dans son lit.

(extrait du relevé des actes de Vielverge, réalisé en 1999 et 2002 par Denis FROISSARD pour le Cercle Généalogique de Côte d'Or)