Les Varennes et alentours

Appelée LES VARENNES, la paroisse de VIELVERGE comprenait le village de Vielverge lui-même, dit aussi Les Grandes Varennes, le village de Soissons, dit Les Petites Varennes, et la Grange de Bize, géographiquement plus proche de Flammerans.

Selon COURTÉPÉE, la contrée - au niveau de la Saône, marécageuse, couverte d'aulnes et de laîches - paraît avoir été défrichée au XIIème siècle.

Située aux confins de trois départements actuels : Côte d'Or, Jura et Haute Saône, la région a toujours connu une situation de ce type. Sous l'ancien régime Vielverge relevait du Duché de Bourgogne, mais le Comté, terre d'Empire, commençait après Cléry (4 km).

Au plan religieux, Vielverge relevait de l'Archevéché de Besançon, donc du Comté. Pontailler comportait deux paroisses : l'une, Saint Maurice, dépendait aussi de l'Archevéché de Besançon, l'autre, Saint Jean, était attachée au diocèse de Langres préalablement à la création du diocèse de Dijon. Quant à Lamarche sur Saône son église relevait du diocèse de Chalon sur Saône dont elle constituait "la marche".

Ainsi écartelée entre différents pôles d'attraction la région était-elle bien placée pour subir de plein fouet les aléas de la guerre de dix ans, avatar de la célèbre guerre de trente ans. Cela ne manqua pas d'arriver. À deux reprises, en juillet et août 1636, les armées dites de GALLAS, en fait commandées par MANDRE et MERCY, brûlèrent et pillèrent Pontailler, Vielverge et soissons, passant les habitants au fil de l'épée. Selon la chronique du temps, il resta 12 feux (ménages) à Pontailler, 5 à Vielverge, 3 à Soissons.

Devant CAMUSET, notaire royal à Auxonne, le 27 mars 1655, Pierre FROISSARD, laboureur à Vielverge, rappelle que "le 23 juillet 1621 devant CAMUS, notaire royal à Dijon, il contracta mariage avec Bonne ROUHIER sa 1ère femme à laquelle il fut constitué en dot une somme de 100 livres et ung troussel, sans pourtant en avoir reçu aulcune chose, quoy qu'il ayt demeuré avec ladicte ROUHIER jusques en Général Mercyl'année 1636, qu'icelle soit décédée du mal contagieux (la peste à Auxonne en 1636) et sans aulcune disposition de ses biens à cause que pour lors ils avoient tous été perdus par l'entour dans la province et l'armée ennemie conduite par le général GALLAS, laquelle brusla non seullement tous leurs battimentz mais encore enleva tous leurs bestiaux et meubles sans aulcune réserve en telle sorte que ledict FROISSARD demeura destitué de tous biens et atteint d'une grave maladie ce qui l'obligea de se retirer en cette ville avec Anne FROISSARD, sa fille du corps de ladicte Bonne ROUHIER..."

Les massacres ne se limitèrent pas, bien entendu, à ces pays. Celui de vielverge resta, quant à lui, totalement inhabité pendant cinq ans, les rares rescapés ayant fui à Auxonne, Athée, Villers les Pots. Cette information figure dans un acte notarié passé par Claude OUDOT vendant à Vielverge "un meix comportant une maison bruslée..."

La vie reprit cependant peu à peu ses droits et au XVIIIème siècle le pays de Vielverge comptait environ 1 000 habitants. L'église, ancienne, se trouvait trop petite pour une telle population et il fut décidé d'en construire une nouvelle, plus vaste. L'ancien bâtiment fut démoli, les matériaux récupérés autant que faire se put, la cloche refondue et grossie par apport de métal neuf. Les travaux durèrent trois ans et COURTÉPÉE note : "belle église neuve, achevée en 1776, à 3 nefs séparées par 10 colonnes à chaque rang". Le dossier des travaux, les plans en lavis et couleur, magnifiques, sont conservés à la mairie de Vielverge.

COURTÉPÉE note aussi : "on use de sel blanc par concession des Ducs pour services rendus en temps de guerre". Par acte notarié reçu par Claude BORTHON, notaire royal à Pontailler le 4 juin 1680 : il est confirmé des mains de François JULIEN et Jacques FROISSARD le privilège accordé par le Duc, confirmé par le Roy, de manger du sel non gabellé et de vendre et distribuer leurs denrées exemptes de tout subside (Philippe le Bon à Bruxelles le 19 mars 1460, confirmé par Charles IX, Henri II et Henri III).


(extrait du relevé des actes de Vielverge, réalisé en 1999 et 2002 par Denis FROISSARD pour le Cercle Généalogique de Côte d'Or)