Le capucin DRY

Cette histoire est extraite mot pour mot du recueil historique réalisé il y a une trentaine d'année par Monsieur MORIZOT, habitant de la Commune. Il s'agit de l'histoire d'un enfant du pays, le capucin DRY.

« Le capucin DRY est né à Vielverge le 7 janvier 1738. Entré sous la bure à l'âge de quinze ans, il se trouve à l'aube de la Révolution vétéran de l'Ordre et gardien du couvent de Beaune. Le combat est engagé contre l'esprit religieux sous toutes ses formes et contre les ordres en particulier. Le capucin DRY est trop bien placé pour échapper à l'arbitraire et à la persécution. Son passé monacal, son acharnement à évangéliser les populations bourguignonnes le font arrêter. Il le sera trois fois encore.

Ce n'est pas en vain pour le religieux car à chacune de ses détentions, il prend la plume pour s'enquérir du motif de sa captivité. Ses lettres sont le témoignage irrécusable de sa probité civique. Elles sont aussi celui de la mauvaise foi de ses adversaires. A deux reprises réponse lui est donnée par ceux-là même qui le font séquestrer qu'ils ne savent pourquoi ils l'ont fait. A la troisième, il est arrêté pour ne pas s'être rendu spontanément à la maison de réclusion. Le père DRY venait de bénéficier d'un élargissement et on lui fait un crime d'en avoir usé.

Le père DRY fut enfin déporté à Rochefort, à la prison Saint-Maurice. C'est là qu'il consomma son martyr dans un de ces cachots infects dont les textes de l'époque nous en ont conservé le répugnant tableau. Outre son âge, il souffrait depuis longtemps d'une hernie inguinale maintenue tant bien que mal par un bandage de fortune et de maladies provoquées par les mauvais traitements dont il avait été l'objet. Le plus beau témoignage qui parle en sa faveur est celui de ses délateurs et geôliers. Ils l'appellent « fanatique enragé ». Nous savons ce que cela engage à pareille époque et sur de telles bouches peut cacher d'héroïsme et de foi intrépide.

Des anciens et non un seul de ceux qui l'avaient connu, n'ont-ils pas affirmés l'avoir revu après sa mort, silencieux, son chapelet à la main, dans les rues désertes de son village natal. Ceci est une autre histoire. »